LE CHAMP DU POSSIBLE

(Editions de la Méduse, 2005)























Pourquoi le mal-être gagne-t-il du terrain dans la société ?

Pourquoi le taux de suicide des pays développés est-il en constante expansion ? Qu’est-ce qui a donc changé dans notre rapport collectif et individuel au monde pour provoquer une telle évolution ?

Le champ du possible est un recueil d’essais portant un regard philosophique, anthropologique et souvent psychanalytique sur notre époque. L’ouvrage aborde des questions telles que l’évolution des mentalités, de l’art, de la mode, du rapport à la politique, etc. Le but est en quelque sorte de définir les causes de la grande vague de dépression qui touche tous les pays occidentaux. Le recueil suit donc en fait un fil rouge très précis : il s’agit de comprendre en quoi certaines ruptures anthropologiques introduites par le monde moderne ont pu générer l’expansion d’un phénomène global de souffrance existentielle. Pour l’auteur, le trait distinctif de la modernité résiderait dans le rapport à la perception du possible et de l’impossible : le monde actuel serait fondé sur l’idée qu’il faut sans cesse « dépasser ses limites », aller « au-delà de soi-même », là où le monde d’autrefois valorisait au contraire plus volontiers l’idée de « mesure » et de « prudence », voire d’« harmonie » entre les possibilités qui nous sont offertes et la réalité de nos actions. Il s’ensuivrait une sorte d’insatisfaction de masse, chacun étant en quelque sorte tendu vers des projets irréalisables, dont l’inaboutissement ne peut qu’engendrer un sentiment général de frustration. Cette évolution ne serait pas seulement visible dans l’attitude individuelle des contemporains, mais dans tous les aspects de leur vie culturelle, de leurs goûts vestimentaires à leurs choix politiques, en passant par les séries TV qu’ils regardent et les marques de consommation qu’ils plébiscitent.

Cette réflexion s’adresse à tous ceux qui s’interrogent sur les raisons du mal de vivre ambiant et qui veulent mieux comprendre le caractère profond du XXIe siècle.


Introduction :


On trouvera rassemblés dans ce livre des textes de styles différents, écrits au cours de la dernière décennie dans des contextes effectivement très variables, et à destination de publics qui l’étaient tout autant. Ils traitent de sujets parfois sans rapports immédiats entre eux, abor­dant des problématiques artistiques et culturelles aussi bien que phi­losophiques, politiques et sociales.

Malgré leur apparente hétérogénéité, pourtant, ces essais ne s’écartent jamais d’un principe théorique qui leur a servi de guide et de boussole, véritable fil d’Ariane dans le labyrinthe des mentalités contemporaines. L’intuition fondamentale qu’on retrouvera tout au long de cet ouvrage est en effet que le courant historique de la modernité traduit la radicalisation progressive d’un déséquilibre thy­mi­que, prenant la forme de ce que la psychiatrie désigne sous le terme de trouble maniaco-dépressif. Certes, cette configuration psy­cholo­gique imprégnait déjà les cultures dites traditionnelles, de ma­nière contenue ; mais l’abandon des visions anciennes du monde aura contribué à libérer ce germe de sa gangue et à favoriser un pro­ces­sus qui devait aller en s’accroissant, depuis la Renaissance jusqu’à nos jours.

Il ne s’agit évidemment pas de soutenir, à la manière de certains penseurs anti-modernes radicaux, que rien de ce qui est apparu durant les cinq siècles qui viennent de s’écouler ne mérite d’être pré­servé. Bien au contraire. La modernité a produit autant de bien­faits que les âges antiques et médiévaux, autant de grands hommes, autant de grandes œuvres et de grandes innovations. Sans doute avons-nous même accompli ponctuellement des progrès proprement inouïs. Mais si notre présent se révèle incontesta­blement brillant et exaltant, du point de vue de la connaissance, il a semble-t-il aussi instauré une rupture décisive avec les ères pas­sées, pour ce qui est de l’appréciation de soi et du monde par les personnes. Les raisons de ce changement sont complexes, mais tiennent pour l'essentiel à ce que le développement subit des sciences et de la technique a fait naître brutalement des espoirs qui ne pouvaient être comblés. La mesure, relative mais forte, du monde d’autrefois a cédé le pas à des élans irréalistes d’en­thousiasme, qui, une fois frustrés, se sont mués en désespoir sans borne. Un mouvement de balancier s’est donc opéré dans la culture, et a transformé nos attentes démesurées en craintes tout aussi ex­cessives. L’heure est désormais à des rela­tions existentiel­les, tant individuelles que collectives, marquées par la déstructura­tion.

A la misère naturelle de notre condition s’est dès lors ajoutée une misère conjoncturelle, rendue inéluctable par l’abandon des quelques sagesses péniblement conquises au cours du processus de civilisation. Toutes les leçons de vie n’ont probablement pas été oubliées, et de nouvelles sont peut-être apparues. Mais on permettra aux plus sceptiques d’estimer que peu d’époques ont connu de ma­laise humain aussi profond que l’Occident contemporain. Notre in­fortune veut que cet état coïncide avec l’extension d’une culture pla­nétaire, sous l’égide d’abord des internationalismes capitaliste et communiste, puis du seul libéralisme triomphant.

L’aventurier, pour s’extraire de sables mouvants où il serait tom­bé, doit s’accrocher à une branche ou à une liane. L’espace nous manque désormais pour parvenir à nous agripper. Puisque l’esprit offre cette opportunité, tournons-nous par conséquent vers le temps. Il est des modèles qui, dans cette dimension, et pour peu que nous activions notre mémoire, ne disparaîtront jamais.


Sommaire du Champ du possible (1ère édition) :


Avant-Propos

Première Partie : L’individu à l’ère libérale des masses

Essai I – Le mal-être contemporain

Essai II – Autorité, éducation et autonomie

Essai III – Le besoin d’aimer et de haïr

Essai IV – Peut-on encore vivre sans marques ?

Deuxième Partie : Progressisme et catastrophisme

Essai V – L’idée de progrès. Un rapide panorama historique

Essai VI – Une typologie des critiques du progrès

Essai VII – Considérations sur la cyclothymie des modernes

Essai VIII – Christopher Lasch, un populiste contre le progrès

Essai IX – Hésiode et le mythe de la décadence

Troisième Partie : Nihilisme, narcissisme et maturité

Essai X – Vers une psychologie dionysiaque

Essai XI – La crise des valeurs

Essai XII – Nihilisme et régression narcissique

Quatrième Partie : Perspectives politiques

Essai XIII – Le peuple et la politique

Essai XIV – Pour une alternative populaire

Essai XV – Révolte des masses et révolte des élites

Essai XVI – Les hommes et la cité : une approche psycholo­gique

Essai XVII – Le rêve américain

Cinquième Partie : Ebauche d’une psychologie de l’art

Essai XVIII – Nietzsche et la physiologie de l’art

Essai XIX – Le problème de la création

Essai XX – Une thérapie par l’art ?

Sixième Partie : L’art et la vie

Essai XXI – Le déclin de l’art

Essai XXII – Notes sur Parsifal

Essai XXIII – Les futurs dystopiques du cinéma américain

Essai XXIV – Le Gaucher (1958) : Œdipe dans l’Ouest

Essai XXV – Barry Lyndon (1975) ou la mélancolie


Revue de presse :


« Thibault Isabel ne confond pas la mémoire et la nostalgie, et c'est bien la raison pour laquelle sa critique de la modernité a quelque chose de si vivifiant. Il explique très bien pourquoi les sociétés traditionnelles ont été détruites, mais il montre aussi comment les valeurs qui les fondaient pourraient être réactivées. Cette démarche le conduit à prôner une sorte de «refondation» de la politique sous cette forme à la fois très ancienne et très novatrice qu'est la démocratie directe. »

Michel Marmin - Le labyrinthe

http://www.labyrinthe.fr/Site2/news.asp


« Thibault Isabel, avec ce livre dense de 440 pages, propose un regard très pertinent sur la modernité. Il aborde toutes les facettes de celle-ci : sociale , politique et culturelle ; le sport et la psychologie ne sont pas oubliés.

Thibault Isabel est très inspiré par les travaux de Christopher Lash injustement méconnu auquel il y consacre un important chapitre intitulé «Christopher Lash : un populiste contre le progrès » Ce mot populisme chez ce penseur n’a pas le sens péjoratif que l’on connait en France : il constituerait une résurgence du républicanisme de l’antiquité et de la Renaissance. « Lash souligne que nos sociétés modernes souffre « d’une absence patente de débat public » Les sociologues et tous ces soit-disants experts prennent la parole au nom du peuple. Nous découvrons une étude sur le mouvement populiste dont on peut trouver sous ce vocable un parti politique américain rassemblant des fermiers du sud et de l’Ouest des Etats-Unis s’opposant à l’industrialisation galopante. Un autre cas célèbre est celui des populistes russes aux 19°siècle réclamant « la terre et la liberté »

Il s’inspire aussi de Pierre-André Taguief qui a offert une généalogie historique et philosophique de la notion de progrès. Thibault Isabel analyse cette société de plus en plus machinisée et aussi la raréfaction des contacts humain. Les apories de la modernité trouvent leurs sens dans un recours à la totalité de notre culture.

Un philosophe qu’affectionne particulièrement Thibault Isabel est Nietzsche qui avait juste en soulignant que notre civilisation a été contaminé par un esprit de ressentiment, de dégoût et de frustration .

Je ne peux résumer ici ce livre fondé sur l’extrême diversité des thématiques et des références. Tous ces thèmes stimulent la réflexion et font apparaître une paradoxale unité de fond à travers toute une trame riche et complexe. »

Un grain de sable

http://ungraindesable.hautetfort.com/archive/2005/12/20/thibault-isabel-le-champ-du-possible.html


« Dans l'océan éditorial moderne ne sachant plus proposer que tels ou tels "elixirs de bave de crapaud" tous plus scintillants les uns que les autres, on peut être surpris de voir apparaître un livre bien différent, et bien plus fort, au titre pourtant si modeste!

Avec Le Champ du Possible , Thibault Isabel nous replonge résolument aux sources les plus revivifiantes de la démocratie. Un 'champ' de possibles dont nous pouvons à pleines poignées en ressaisir la terre véritable et saine, en humer encore l'odeur revigorante; un champ dont les blés mûrs, pleinement épanouis, redevenus tangibles, nous offrent à nouveau les grains dorés que nous sentons presque, au lieu des pages, rouler et craquer sous nos doigts.

Car les origines de la démocratie nous emmènent loin et T. Isabel s'interroge sur ce que nous en avons fait au cours du temps. Il semble que nous nous en éloignions progressivement, lui préférant un individualisme maladif et barbare. T. Isabel se demande si le malaise actuel de la société est le signe d'une décadence inévitable, ou l'occasion d'un sursaut régénérateur. Il nous proposera ainsi les voies possibles d'une application concrète de la démocratie directe.

Très riche et documenté au travers d'études sociologiques, de l'analyse du développement historique des psychanalyses, de l'art ou du cinéma (entre autres), Le Champ du Possible donne une vision cohérente et en quatre dimensions de notre culture et de ses perspectives imminentes.

A dévorer. »

Eric Bourdon

http://ericbourdon.com


« Dans cet ouvrage très dense, Thibault Isabel, docteur en histoire du cinéma et spécialiste dans l’étude des mentalités contemporaines, nous offre une série de regards sur notre modernité (suivants plusieurs thématiques) d’une grande acuité et d’une grande pertinence! »

Emmanuel Rousselet

http://orientations.hautetfort.com/archive/2005/12/


« Aux victoires de la Pensée, il aurait sans doute fini révélation masculine de l’année. Ce tout jeune auteur, docteur en histoire cinéma, n’a pas son pareil pour décortiquer le mal-être contemporain à travers toutes ses apparitions : mégalomanie ambiante et dépression, effondrement de l’autorité, triomphe des marques, catastrophisme et régression narcissique… Et cela sans nostalgie excessive, conscient qu’il est de la beauté du monde et de certaines créations humaines. Malgré tout. »

Régis Pénalva . Librairie Sauramps

http://www.sauramps.com/IMG/pdf/biblio_regis_pour_pdf.qxd.pdf





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