Anaximandre est un philosophe grec du VIe siècle avant Jésus Christ, dont nous ne possédons plus que quelques fragments et aphorismes, et qui aurait écrit son ouvrage majeur, De la nature, à l’âge de 64 ans. Il appartient à cette génération d’auteurs -qualifiés de « présocratiques » - qui ont donné naissance à la pensée occidentale...

Anaximandre incarne une époque où la philosophie s’articulait encore autour de principes naturalistes et vitalistes.

Publié pour la première fois en 1984, aux Etats-Unis, The Minimal Self : Psychic Survival in Troubled Time, fut en quelque sorte la suite de The Culture of Narcissism, qui avait popularisé la pensée de Christopher Lasch auprès du grand public. Véritable best-seller, La culture du narcissisme n’en avait pas moins suscité de très nombreuses critiques au sein du monde intellectuel anglo-saxon. Il faut dire que Lasch n’y était pas allé de main morte : son ouvrage se proposait d’étudier l’évolution de la culture américaine à travers le prisme du narcissisme, tel qu’il avait été repensé par les psychanalystes des deuxième et troisième générations (Kohut, Kernberg, Winnicott, Grunberger, etc.). The Minimal Self fut l’occasion pour Lasch de répondre aux critiques que son livre précédent avait suscitées, mais aussi de dissiper certaines incompréhensions.


Le texte que nous reprenons ici, dans une traduction originale, constitue en fait le chapitre introductif de The Minimal Self. Il s’intitule « Consommation, narcissisme et culture de masse », et aurait pu être sous-titré « Le peuple et les élites dans un monde de marchandises ». Christopher Lasch s’y interroge sur le nouveau rapport à soi et au monde qu’implique l’immersion des populations modernes dans une culture fondée sur la consommation. L’univers de la consommation, qui traduit une massification de la société, se réduit-il à un nivellement du goût du public ? Autrement dit, le tort des sociétés libérales est-il d’abord de conduire à l’émergence d’une culture de masse, au sens d’un abaissement général des standards, que ce soit dans les domaines esthétiques ou politiques ? Derrière cet argument, partagé à la fois par les conservateurs et les radicaux, sous des formes à peine différentes, Lasch croit déceler un préjugé anti-démocratique contre les classes populaires. Or, le problème résiderait plutôt dans le fait que la culture populaire elle-même n’apparaît dans la culture de masse que sous une forme dévoyée.

Si la culture de masse est en définitive narcissique et insatisfaisante, c’est donc plutôt qu’elle implique un rapport déréalisé à l’existence. Dans le monde de la consommation de masse, notre environnement perd de sa constance et de sa tangibilité ; il se désubstantialise à nos yeux, sous les coups de butoir notamment de la technologie, du management et de la publicité.


Lasch, à sa manière, renouvelle de fond en comble la réflexion marxiste sur la lutte des classes, l’aliénation et le fétichisme de la marchandise, sans la renier dans son principe, mais en lui donnant une interprétation, une impulsion et une orientation en marge du socialisme classique. La pensée laschienne, en un certain sens, transcende d’ailleurs jusqu’à un certain point les clivages politiques, bien qu’elle se positionne clairement dans la sphère anti-libérale. Avant de proposer des solutions, elle donne à réfléchir. On n’en attendait à vrai dire pas moins d’un auteur authentique.

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